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Au fil des jours, je partagerai avec vous des écrits sur ce qui m'inspire.

Un air de liberté

Le 23 juin 2022, j’ai envoyé le manuscrit de mon roman à des éditeurs québécois, question de pouvoir souligner la Fête nationale du Québec tranquillement.


J’ai ressenti une impression de vide quand je l’ai fini, mais de légèreté quand je l’ai envoyé, après l’avoir corrigé.

Après des mois de travail, j’ai trouvé cela bizarre de me retrouver sans ce rituel du matin, sans ce temps hors du temps, dans une sorte de bulle où les heures passaient sans que je m’en rende compte. Et un jour, voilà, c’est la fin.


Les corrections qui semblent, elles, ne jamais pouvoir se terminer, font péter la bulle ! Il manque toujours une virgule quelque part, il y a toujours une marge mal faite ou une malencontreuse faute de grammaire. Heureusement que mon compagnon m’aide tant pour repérer mes erreurs que pour commenter un passage et me permettre de l’améliorer


Puis les hésitations : j’ose envoyer ou non? Est-ce que ça en vaut la peine? Celles et ceux d’entre vous qui écrivent, peignent, chantent, s’exposent d’une façon ou d’une autre savent de quoi je parle. Et d’ailleurs qui ne s’expose pas d’une façon ou d’une autre? Une nouvelle recette de cuisine faite pour des amis sans l’avoir testée à l’avance, une nouvelle couleur de vêtement, un défi que l’on s’est donné, quelque chose qu’on a enfin osé dire… Vous saurez ajouter votre propre hésitation face à une audace que vous vous permettez. Vous connaissez aussi le plaisir qui en résulte.


Plaisir d’oser, d’imaginer, de créer encore et toujours, d’être vivant.


Mon roman Fin d’automne est parti voler de ses propres ailes. Il parle de la décision de se suicider, d’un homme atteint de la maladie d’Alzheimer et des réactions de son entourage. Malgré la difficulté du sujet, je crois que c’est un livre plein de tendresse.


Pourquoi ce titre à mon texte d’aujourd’hui : Un air de liberté?

Pour souligner :

La liberté que j’ai prise d’écrire sur un sujet quand même un peu tabou.

La liberté du temps d’été, sans avoir à porter manteaux lourds et bottes pesantes.

La chance de vivre dans un pays où on peut se laisser parler d’amour au moment où, dans plusieurs autres, des armes de tout ordre tuent, musellent, abrutissent.

Ma chance de venir d’un pays qui fait de la liberté une partie de sa devise et qui l’applique tant bien que mal. D’un pays où Éluard a écrit :

Sur mes cahiers d’écolier, j’écris ton nom…

Je suis né pour te connaître

Pour te nommer

Liberté.


À défaut de la Liberté avec un grand L qui peut être revendiquée d’une façon assez oppressante - on l’a vu récemment - profiter d’un air de liberté, ce n’est déjà pas si mal.

Ce zèbre qui m’a séduite en Tanzanie me rappelle que s’il peut se reposer (du moins j’imagine qu’il se repose) il ne peut le faire que parce que d’autres autour de lui veillent, sinon, il deviendrait une proie.


Pas de liberté sans interdépendance.


C’est ce que le personnage de Fin d’automne comprend, ressent.

Une mort librement décidée ne veut pas dire une mort solitaire.


- A. Condamin

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À propos de l'écriture. Publié en 2011. Au fil de l'écriture : comme goutte d'eau va à la mer. L'écriture autobiographique, désir et défi. Dans : Histoires de vie, un carrefour de pratiques. Montréal.